10 avril 2006
Lettre complémentaire des étudiants de Tours
Chers confrères,
Suite à la lettre ouverte ( qui sera communiquée à différentes rédactions et responsables politiques) dénonçant les conditions de travail des jeunes journalistes, il nous semble nécessaire d’expliquer notre démarche. Après l’avoir envoyé aux différentes écoles de journalisme, il apparaît que la mention du CPE pose problème. Si certaines écoles souhaitent renforcer la dénonciation du Contrat Première embauche (et ajouter des éléments sur la loi sur l’égalité des chances), d’autres souhaitent ne pas l ‘évoquer du tout. Vous comprendrez qu’étant donné tous ces désaccords la lettre originelle est consensuelle. Nous avions nous mêmes longuement débattu du contenu de la lettre. Il a émergé de ces débats que le véritable enjeu n’est pas tant le CPE que la dégradation progressive des conditions de travail. Cependant il nous a semblé aussi que le CPE ne pouvait pas être absent de ce débat très actuel. On nous a également reproché d’être corporatistes. Or nous ne pouvons dénoncer que ce que l’on connaît et ce qui nous attend. Il est donc logique de dénoncer les conditions de travail du journalisme et non d’autres professions, le tout dans un souci d’exactitude.
Nous vous rappelons que notre but principal est de fédérer le plus possible d’étudiants en journalisme afin que nos revendications aient du poids. La majorité des étudiants en journalisme se reconnaissent dans la dénonciation des conditions de travail. La lettre rédigée par les étudiants en journalisme de Tours n’est donc qu’un point de départ à une action de plus grande envergure (blogs, chaîne de témoignages, revues de presse). Pour bien faire, cette lettre nécessite d’être envoyée le plus vite possible. Merci donc à tous de transmettre cette lettre à tous les étudiants de votre école et de nous communiquer les résultats du vote avant la fin de cette semaine.
Les étudiants de Tours
La lettre des Journalistes sur le fil
En soutien à la
mobilisation massive contre le Contrat Première Embauche, une majorité
d’étudiants en journalisme interpelle les pouvoirs publics sur les
conditions de travail des professionnels du journalisme. Nous
considérons que cette nouvelle mesure ne règlera pas le problème du
chômage et ne facilitera pas l’insertion des jeunes dans le marché du
travail.
Dans les rédactions, la flexibilité et la précarité
sont d’ores et déjà des réalités. Stages non rémunérés ni même
indemnisés, renouvellements abusifs de Contrats à durée déterminée,
faible rétribution des piges, utilisation exagérée du statut de
correspondants locaux de presse font partie des dérives les plus
inquiétantes du métier.
Toutes ces pratiques associées à la
menace du chômage nous contraignent à accepter des conditions de
travail de plus en plus difficiles et contestables. Au même titre que
nous les dénonçons, nous rejetons le CPE. Les étudiants en journalisme
refusent le principe d’une « période de consolidation » car ils
estiment déjà avoir fait leurs preuves à l’occasion de nombreux stages.
En outre, la rupture de contrat sans motif n’est pas tolérable. Elle
compromet la nécessaire et néanmoins fragile relation de confiance
entre contractuels. Comme pour nombre de salariés, un minimum de
sécurité de l’emploi est nécessaire au bon exercice d’une profession.
Avant
même d’envisager des projets d’avenir, nous voudrions vivre du métier
auquel nous croyons. Nous regrettons que certains médias contestent la
flexibilité à outrance tout en la tolérant dans leur secteur
d’activité. Pourtant, c’est aussi la qualité de l’information qui est
en jeu.
